Le secrétaire américain aux Transports Sean Duffy a exhorté Ford à mettre fin à ses partenariats chinois pour des raisons technologiques et de sécurité nationale.
Le secrétaire américain aux Transports Sean Duffy a adressé une lettre au PDG de Ford, Jim Farley, lui demandant d’abandonner ses partenariats stratégiques avec des entreprises chinoises et de réduire ses projets communs, estimant que la dépendance aux technologies chinoises menace la sécurité nationale et prive les Américains d’emplois.
“Ford doit faire preuve d’un niveau de responsabilité d’entreprise dans lequel la durabilité à long terme et la souveraineté technologique de l’écosystème automobile américain passent avant les accords à court terme ou les alliances étrangères douteuses”, a écrit Duffy, selon une lettre citée par Reuters.
Duffy s’est dit préoccupé par la dépendance de Ford aux technologies et aux partenaires commerciaux chinois. Le secrétaire aux Transports a critiqué le constructeur pour son recours aux technologies de CATL dans le Michigan, son partenariat avec Geely en Espagne, ses discussions avec BYD et les retards dans le transfert de la production de Lincoln de Chine vers les États-Unis, appelant Ford à faire de la souveraineté technologique américaine une priorité.
Selon la lettre, Duffy a également critiqué le retard dans le rapatriement aux États-Unis de la production de modèles Lincoln haut de gamme, notamment le Nautilus, depuis la Chine, désormais prévu d’ici 2030. Il a qualifié cette décision d’“inacceptable”, estimant qu’elle prolongerait pendant des années la dépendance à la production chinoise tout en privant les travailleurs américains qualifiés d’emplois.
Dans la dernière partie de sa lettre, Duffy a demandé à Farley de réorienter les priorités de Ford vers la souveraineté technologique américaine, de se tourner vers des fournisseurs de pays alliés et de privilégier la durabilité à long terme plutôt que des alliances étrangères douteuses.
Plus tôt en septembre, l’Alliance for Automotive Innovation avait appelé le Congrès à instaurer une interdiction totale des véhicules chinois et de tout ce qui leur est associé.
En mai, des parlementaires américains ont par ailleurs présenté un projet de loi bipartisan visant à interdire, à partir de 2027, l’importation aux États-Unis de véhicules connectés à Internet en provenance de Chine, d’Iran et de Corée du Nord. Le texte a été présenté par des élus du Michigan, traditionnellement considéré comme le cœur de l’industrie automobile américaine.
Les autorités chinoises à Pékin ont à plusieurs reprises appelé les États-Unis à cesser ce qu’elles qualifient d’accusations irresponsables et de pressions, tout en soulignant que la Chine respecte les règles du commerce international. Les autorités chinoises estiment que les tentatives de Washington d’attribuer les difficultés économiques intérieures à des facteurs extérieurs ne permettront pas de les résoudre et que les sanctions américaines unilatérales violent les principes de l’économie de marché. Pékin affirme que le dialogue entre les deux pays doit être fondé exclusivement sur l’égalité, le respect mutuel et les avantages réciproques.