Un moteur V35A de remplacement fabriqué en 2026 a cassé, relançant les interrogations sur la solution apportée au rappel de la Tundra.
Le moteur V35A de Toyota s’est forgé une réputation préoccupante en raison de graves défaillances de coussinets. Toyota a attribué ces problèmes aux résidus d’usinage présents dans le moteur après sa fabrication. Mais un nouveau démontage complet laisse penser que le simple remplacement du moteur ne suffit peut-être pas à éliminer le problème, ce qui soulève de nouvelles interrogations autour du rappel de la Tundra.
Dans une nouvelle vidéo de démontage publiée par I Do Cars, un moteur de remplacement provenant d’une Tundra 2022 ayant parcouru environ 103 000 km est entièrement démonté, pièce par pièce. L’une des premières surprises concerne son âge. Bien qu’il provienne d’un pick-up de 2022, ce moteur de remplacement semble avoir été fabriqué en janvier 2026. Les codes de fabrication relevés sur plusieurs composants, notamment les guides de chaîne de distribution, la pompe à huile, les éléments d’admission et le carter d’huile, indiquent une production en 2025 et 2026.
À première vue, tout indique qu’il s’agit d’un moteur presque neuf. Il a clairement été installé en remplacement et semble avoir très peu fonctionné.
Au premier regard, rien ou presque ne laisse penser qu’une défaillance s’est produite.
La pompe à huile, les turbocompresseurs, les culasses, les pistons, les parois des cylindres, les arbres à cames et les éléments de distribution sont remarquablement propres. Aucun signe évident de mauvais entretien, de surchauffe ou de mauvaise utilisation n’apparaît. Le moteur semble également avoir relativement peu tourné.
La partie supérieure du moteur fournit un autre indice important. Aucun débris n’est visible, y compris ce qu’Eric, de I Do Cars, appelle “the forbidden glitter.” L’huile présente sur les composants est toujours propre et limpide, tandis que les surfaces usinées ne montrent aucun dommage évident ni trace de surchauffe. Même les joints semblent récents.
Le système de distribution raconte la même histoire. Les chaînes sont neuves, les couvercles portent encore leurs joints d’origine et la pompe à eau ne présente aucune marque. Les différents codes de fabrication confirment eux aussi qu’il s’agit d’un moteur assemblé récemment.
La situation change une fois la partie supérieure déposée et le moteur retourné pour examiner le bas moteur.
Des débris métalliques sont présents dans le carter d’huile inférieur. Puis le vilebrequin et les paliers principaux permettent de comprendre ce qui s’est passé.
Le palier principal numéro 3 a tourné dans son logement. Le palier et sa portée sur le vilebrequin sont tous deux fortement endommagés, alors que la majeure partie des autres composants du moteur reste remarquablement propre.
Cette distinction pourrait être importante. Toyota a attribué les défaillances du V35A à des résidus d’usinage restés à l’intérieur des moteurs, avec l’adoption d’un palier avant modifié pour améliorer la situation. Le démontage soulève toutefois une question plus délicate : les débris ont-ils provoqué la défaillance du palier, ou une grande partie de ces débris est-elle apparue après que le palier a déjà tourné dans son logement ?
Le fait que ce moteur semble être un remplacement fabriqué en 2026 rend la question encore plus difficile à écarter. Si un moteur de remplacement mis à jour peut lui aussi subir une défaillance fondamentale, le remplacement ne s’attaque peut-être pas à la faiblesse à l’origine du problème.
Cette défaillance pourrait ne pas être un cas isolé.
Eric, de I Do Cars, présente également un moteur destiné à un prochain démontage qui est, là encore, un V35A de remplacement installé après le rappel. Ce moteur a été fabriqué en septembre 2025 et serait complètement bloqué.
Un deuxième moteur de remplacement défaillant donne une raison supplémentaire de se demander si les moteurs mis à jour ont réellement éliminé le problème initial.
Cela ne signifie pas que tous les moteurs V35A vont connaître une défaillance. Le démontage porte sur un échantillon limité, et l’enquêteur reconnaît que d’autres facteurs peuvent contribuer à la panne d’un moteur particulier. Il remet néanmoins en question l’idée selon laquelle l’installation d’un moteur de remplacement suffirait automatiquement à régler définitivement le problème.
La réputation de Toyota en matière de fiabilité rend la situation particulièrement frustrante.
À la fin du démontage, la question centrale a changé. Il ne s’agit plus seulement de comprendre pourquoi les premiers moteurs V35A ont cassé. La question la plus importante est désormais de savoir si les modifications apportées par Toyota ont réellement corrigé le problème à l’origine des défaillances ou si elles n’ont fait que modifier un élément d’un problème plus vaste.
Pour les propriétaires, la réponse pourrait ne venir qu’avec le temps et de nombreux kilomètres supplémentaires.