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Cette Pontiac Tempest LeMans de 1962 est restée 43 ans à l’abandon avec son moteur « moitié de V8 » d’origine

La Tempest est surtout connue pour avoir donné naissance à la GTO, mais le premier modèle compact de Pontiac avait sa propre histoire.

Cette Pontiac Tempest LeMans de 1962 est restée 43 ans à l’abandon avec son moteur « moitié de V8 » d’origine

Construite de 1961 à 1970, puis ressuscitée pour une nouvelle carrière entre 1987 et 1991, la Pontiac Tempest est loin d’être un modèle inconnu. Pourtant, son histoire est souvent racontée à travers son lien avec la GTO. La Tempest a reçu une finition plus haut de gamme appelée LeMans, devenue un modèle à part entière en 1963, avant de donner naissance à la légendaire GTO, la voiture considérée comme l’un des modèles ayant contribué au lancement de l’ère des muscle cars.

Ce lien avec la GTO a largement relégué la Tempest elle-même au second plan. Aujourd’hui, elle est souvent considérée comme une banale voiture de taille intermédiaire vivant dans l’ombre de la GTO. Mais cette description fait oublier ce qui rendait la Tempest des premières années particulière au sein de la gamme Pontiac. Avant de devenir un modèle intermédiaire associé à la GTO, la Tempest était une voiture compacte.

La première voiture compacte de série américaine est apparue chez Nash en 1950, avec l’arrivée de la Rambler sur le marché. Les trois grands constructeurs américains ont attendu près d’une décennie avant de suivre le mouvement. Pour l’année-modèle 1960, Ford, Plymouth et Chevrolet ont respectivement lancé les Falcon, Valiant et Corvair. Le succès de la Corvair a convaincu Pontiac d’entrer à son tour sur le segment des compactes en 1961.

Le projet initial de Pontiac prévoyait une Corvair rebadgée, mais GM a finalement approuvé une toute nouvelle plateforme compacte à moteur avant. La Corvair adoptait une architecture à moteur arrière, tandis que la nouvelle plateforme Y-body était conçue autour d’un moteur monté à l’avant. Buick et Oldsmobile ont finalement partagé cette plateforme. La Tempest reprenait également certains éléments de carrosserie de la première génération de l’Oldsmobile F-85, tout en bénéficiant de plusieurs caractéristiques propres à Pontiac.

L’une d’elles était le tout premier moteur quatre cylindres de Pontiac. Le Trophy 4 de 3,2 litres était dérivé de la rangée droite de cylindres du V8 de 6,4 litres plus connu, baptisé Trophy 8. Cette relation pour le moins inhabituelle lui a valu le surnom de « moitié de V8 ».

Selon le carburant utilisé et la transmission, le Trophy 4 développait entre 110 et 140 ch avec un carburateur simple corps. Une version équipée d’un carburateur quadruple corps portait la puissance à 155 ch, tandis qu’une version renforcée lancée en 1962 atteignait 166 ch. Pontiac proposait également le V6 en aluminium de Buick et un V8 conçu en interne parmi les motorisations optionnelles.

À l’image de la Tempest compacte elle-même, le Trophy 4 n’a connu qu’une courte carrière. Pontiac l’a abandonné après seulement trois années-modèles. Il reste également l’un des deux seuls moteurs quatre cylindres jamais produits par Pontiac, l’autre étant l’Iron Duke, fabriqué de 1977 à 1993.

Pontiac a vendu plus de 300 000 Tempest équipées du Trophy 4 au cours de ces trois années. Seul un petit nombre d’entre elles sont encore sur les routes aujourd’hui. Beaucoup ont fini dans des casses, où elles se sont progressivement transformées en épaves rongées par la rouille. Cette Tempest de 1962 fait partie des survivantes malchanceuses. Elle a été remisée dans les années 1980 après un accident, avant de rester immobilisée pendant des décennies, autre exemple d’une voiture classique qui n’a jamais reçu l’attention qu’elle méritait.

Après avoir passé autant d’années dehors, la Poncho est logiquement dans un état très dégradé. Sa peinture verte autrefois séduisante est fortement altérée par les intempéries, tandis que la rouille de surface recouvre une grande partie des panneaux supérieurs de la carrosserie. Des perforations dues à la corrosion sont également visibles, et la porte conducteur a été lourdement endommagée. À l’intérieur, la situation n’est guère meilleure : la sellerie est détériorée, tandis que des débris recouvrent le plancher et ont probablement contribué à l’apparition d’autres trous de rouille.

Pourtant, un élément important se trouve toujours sous le capot : le « moitié de V8 » d’origine. Il est enfoui sous les débris et ce qui ressemble à un nid de rats, mais le moteur est toujours là et pourrait probablement être sauvé avec une reconstruction.

Le reste de la Tempest semble toutefois trop endommagé pour être sauvé. Plutôt que de reprendre la route, cette compacte a davantage de chances de finir broyée. C’est parfois le destin qui attend les voitures classiques qui n’ont jamais atteint le niveau de désirabilité de leurs célèbres cousines.


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